Une maladie dont l’origine reste inconnue plonge le territoire de Bulungu, dans la province du Kwilu, dans une profonde inquiétude. Selon le député national Jacques Ilunga Hopeny, élu de cette circonscription, au moins quatorze personnes ont perdu la vie en seulement dix-neuf jours dans le village de Mokolo-Biala, situé dans le groupement Ngwi, secteur Nyadinkara.
Au cours d’un entretien accordé à la presse, l’élu a tiré la sonnette d’alarme et exhorté le Gouvernement congolais à déployer sans délai des équipes médicales afin de déterminer la nature de cette maladie et prévenir une éventuelle propagation.
D’après Jacques Ilunga Hopeny, les premières alertes lui sont parvenues par l’intermédiaire d’un point focal local, faisant état d’une situation sanitaire alarmante dans ce village où la population fuit désormais massivement les lieux par crainte de la maladie.« Le village de Mokolo-Biala est en train de se vider de ses habitants. Nous faisons face à une maladie inédite dont personne ne connaît encore l’origine », a déclaré le député.
À la suite de cette alerte, le médecin directeur du centre de santé de référence de Motoy, relevant de la zone de santé de Bulungu, s’est rendu sur place pour mener des investigations. Trois premiers échantillons ont été prélevés le 15 juin, avant qu’une seconde mission n’en recueille dix autres le 19 juin.
Les prélèvements ont ensuite été transmis au Programme élargi de vaccination (PEV) de Kikwit avant d’être acheminés à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa, où des analyses sont en cours afin d’identifier l’agent responsable de cette maladie.
En attendant les résultats des examens de laboratoire, le bilan humain continue de s’alourdir. Selon les informations communiquées par les autorités sanitaires locales au député, quatorze décès ont déjà été enregistrés en dix-neuf jours.
Cette situation provoque un déplacement massif des habitants vers les villages voisins, notamment Piopio, Panu ainsi que la ville de Bandundu. Une migration qui fait craindre une extension de la maladie si celle-ci s’avère transmissible.
Les témoignages recueillis sur place décrivent une évolution particulièrement rapide de la maladie. Les personnes atteintes souffriraient d’abord de violents maux de tête, suivis de douleurs abdominales, de douleurs articulaires au niveau des genoux et de vomissements. Selon les informations rapportées, le décès surviendrait généralement dans les vingt-quatre heures suivant l’apparition des premiers symptômes.
Face à cette situation jugée extrêmement préoccupante, Jacques Ilunga Hopeny appelle les autorités nationales et provinciales à agir sans attendre.
« En seulement dix-neuf jours, nous déplorons déjà quatorze morts. Le Gouvernement central, le ministère de la Santé et les autorités provinciales doivent intervenir d’urgence afin de déterminer s’il s’agit d’une épidémie ou d’une autre pathologie et mettre en place les mesures nécessaires pour protéger la population », a insisté le député.
Dans l’attente des conclusions de l’INRB, l’inquiétude ne cesse de grandir à Bulungu, où les habitants vivent désormais dans l’incertitude face à une maladie dont l’origine, la nature et le mode de transmission demeurent inconnus.
LK

