Interrogations structurantes sur l’économie de la RDC (Tribune de Guillaume Bisimwa, MPA, MGP/ Canada)

Chers lecteurs du journal le Pouvoir du Peuple , média en ligne en RDC, permettez-moi de me poser ces nterrogations structurantes au sujet de l’économie de mon pays. Il est légitime de se demander pourquoi les autorités publiques ne priorisent pas davantage l’intégration territoriale par la mise en place d’infrastructures de transport modernes et efficaces. Plus précisément, pourquoi le gouvernement ne s’engage-t-il pas de manière résolue dans la construction de nouvelles routes nationales destinées à relier les différentes provinces du pays, souvent enclavées et insuffisamment connectées entre elles ?

Dans la même perspective, il serait pertinent de s’interroger sur l’état et le développement du réseau ferroviaire. Pourquoi ne pas entreprendre la réhabilitation des lignes existantes ou la création de nouvelles infrastructures ferroviaires capables d’assurer une liaison fluide entre le Nord et le Sud, ainsi qu’entre l’Est et l’Ouest du territoire national ? Un système de transport intégré et performant constitue en effet un levier fondamental pour stimuler l’activité économique, favoriser les échanges commerciaux et renforcer la cohésion nationale.

Il est largement admis, en économie du développement, que la croissance d’un pays repose en grande partie sur la qualité de ses infrastructures, en particulier celles liées au transport. Dans le cas de la République démocratique du Congo, l’expansion et la modernisation du secteur des transports apparaissent comme des conditions indispensables à l’émergence économique. Ce secteur joue un rôle d’entraînement sur d’autres domaines stratégiques, tels que l’agriculture, l’industrie, le commerce et même les services sociaux, en facilitant la mobilité des biens et des personnes.

D’un point de vue historique, il convient de rappeler qu’à l’époque léopoldienne, l’importance du chemin de fer était déjà soulignée comme un facteur clé de valorisation économique du pays au point qu’il était affirmé que sans le chemin de fer , le Congo « ne vaudrait pas un penny ». Cette réflexion, bien que vieille, conserve une certaine pertinence et son actualité dans le contexte actuel du pays. Contexte où l’insuffisance des infrastructures demeure un obstacle majeur au développement.

Dès lors, la question de la gouvernance se pose avec acuité. Il apparaît essentiel que les dirigeants politiques actuels fassent preuve d’une vision stratégique orientée vers des projets structurants et durables. À défaut, il serait souhaitable que de nouvelles élites, porteuses d’idées innovantes et de solutions concrètes, puissent émerger et contribuer efficacement à la transformation économique du pays. Le développement de la République démocratique du Congo exige en effet des décisions audacieuses, fondées sur une planification rigoureuse et une volonté réelle de servir l’intérêt général.

Ce qui semble aujourd’hui faire défaut aux élites politiques congolaises, qu’elles appartiennent à la majorité au pouvoir ou à l’opposition, réside dans une carence manifeste de vision stratégique et de pragmatisme dans la conduite des politiques économiques. Cette insuffisance ne se limite pas à une simple défaillance technique ou institutionnelle .Elle constitue un facteur structurel qui continue de fragiliser, voire de gangrener, l’ensemble de l’économie nationale.

En effet, l’absence d’une orientation claire et cohérente en matière de développement économique se traduit par une incapacité à formuler et à mettre en œuvre des politiques publiques durables, adaptées aux réalités et aux potentialités du pays. Le manque de pragmatisme politique se manifeste notamment par des décisions souvent conjoncturelles, peu ancrées dans une logique de planification à long terme, et insuffisamment fondées sur des analyses économiques rigoureuses. Une telle situation empêche la mobilisation efficace des ressources nationales et freine l’émergence d’un environnement propice à l’investissement et à la diversification économique.

Au-delà de ses implications économiques, cette déficience a également des répercussions profondes sur le tissu social. En l’absence de politiques économiques inclusives et structurantes, les inégalités se creusent, la précarité persiste et la confiance des citoyens envers les institutions publiques s’érode progressivement. Ainsi, les dysfonctionnements observés dans la sphère économique contribuent à fragiliser l’ensemble de la société congolaise, en limitant les perspectives de développement humain et en entravant la cohésion nationale.

Dès lors, il apparaît impératif de repenser les modes de gouvernance en mettant l’accent sur une vision politique renouvelée, fondée sur la rationalité économique, la responsabilité publique et l’orientation vers des résultats concrets. Le redressement économique de la République démocratique du Congo demeure indissociable de la necessité d’allier vision stratégique, compétence technique et engagement véritable au service de l’intérêt général. Ensemble pour un congo fort et prospère.  » Le congo est grand et exige de nous la grandeur » ( Lumumba).

Par Guillaume Balagizi Bisimwa MPA, MGP.

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