Seize prêtres de l’Archidiocèse de Kananga ont publié, le 30 juin 2026, une déclaration de clarification intitulée en tshiluba « Kuanji Kutapa, Badi Ebeja » (« Mise au point, clarification »), dans le but d’apaiser les tensions apparues à la suite du message de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) du 19 juin 2026.
Dans ce document, les membres du clergé déplorent la montée des tensions ayant suivi la publication du message des évêques. Ils dénoncent notamment les insultes et les actes d’intimidation dirigés contre des prêtres, les perturbations enregistrées lors des célébrations eucharistiques du 21 juin, ainsi que les propos jugés injurieux relayés sur les réseaux sociaux.
Les signataires tiennent à préciser que le message de la CENCO ne revêt aucun caractère contraignant. Selon eux, il ne s’agit ni d’une loi, ni d’un décret, ni d’une décision ayant force obligatoire, mais d’une prise de position sur une question d’intérêt national. Ils estiment que cette déclaration ne fait pas obstacle à un éventuel changement ou à une révision de la Constitution, dès lors que les procédures prévues par la législation congolaise sont scrupuleusement respectées.
Les prêtres rappellent également que la Constitution garantit la liberté d’expression à tous les citoyens, y compris aux évêques. À ce titre, ils défendent le droit de ces derniers à s’exprimer sur les enjeux touchant à la vie de la Nation et soulignent le caractère collégial de leur mission pastorale, affirmant qu’aucun évêque ne peut être désavoué individuellement pour avoir souscrit à une déclaration adoptée collectivement.
S’agissant du débat sur la Constitution, le document souligne que toute initiative de révision ou de modification reste envisageable, à condition de respecter les dispositions constitutionnelles encadrant cette procédure.
Dans un appel à l’apaisement, les seize prêtres invitent la jeunesse de Kananga ainsi que celle de toute la République démocratique du Congo à faire preuve de retenue, à préserver les biens de l’Église et à rejeter toute forme de violence. Ils exhortent également la population à respecter les évêques, les prêtres et les personnes consacrées.
Les signataires lancent un appel à l’unité nationale, à la tolérance entre les différentes sensibilités politiques et confessionnelles, tout en encourageant les initiatives du Président de la République visant à renforcer la cohésion du pays.
Signée à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, cette déclaration se clôt par une prière pour la paix et l’unité nationale : « Que Dieu bénisse notre pays, la République démocratique du Congo. »
LK

